En quoi voter pour le parti NUL est-il différent de l’abstention ou d’un bulletin annulé ?
L’enveloppe de financement public à distribuer aux partis politiques est calculée à partir du nombre total de personnes inscrites à la liste électorale. Or, cette somme est ensuite répartie en fonction du pourcentage des votes valides reçus par chaque parti politique à l’élection précédente. Cette façon de faire est incohérente et inéquitable puisque ce calcul ne tient pas compte des abstentions ni des votes annulés – ces derniers étant assimilés à la catégorie des votes “rejetés”. L’octroi des allocations est fait en présumant que les personnes qui ne se sont pas rendues aux urnes – soit le tiers de l’électorat en 2018 et en 2022 – auraient voté de manière identique aux votes valides.
Le parti NUL corrige cette aberration par l’ajout d’une case nulle qui permet aux électeur·rices de ne pas financer les partis établis contre leur gré.
Comment le parti NUL utilise-t-il l’argent public recueilli ?
Les sommes récoltées nous permettent d’assurer les frais de fonctionnement, de communication et d’administration, notamment pour répondre aux exigences de la Loi électorale telles que la production et la vérification comptable des états financiers.
Elles servent aussi à assurer la réalisation et le rayonnement de notre mission, soit présenter des candidat·es nul·les à travers le Québec.
À terme, le financement public perçu par le parti NUL alimentera des formes alternatives d’exercice collectif du pouvoir.
Les états financiers du parti NUL sont publics, comme ceux de tous les partis.
Qu’arrivera-t’il si un·e candidat·e nul·le est élu·e?
Ça n’arrivera jamais.
Un·e candidat·e issu·e d’un tiers parti n’a aucune chance d’être élu·e au Québec, non seulement en raison du mode de scrutin majoritaire qui favorise les formations dominantes, mais surtout parce que l’ensemble du système politique est structuré pour reproduire les rapports de pouvoir existants.
Les tiers partis disposent de ressources financières, médiatiques et organisationnelles largement inférieures à celles des partis établis, lesquels bénéficient du soutien direct ou indirect des élites économiques et des médias.
Dès lors, l’élection apparaît moins comme un espace de transformation sociale que comme un mécanisme de légitimation de l’ordre capitaliste, où les forces véritablement contestataires demeurent confinées à la périphérie du champ politique institutionnel.
Quelles sont les principales inspirations et influences idéologiques du parti NUL ?
Nous ne sommes pas un parti politique au sens strict dans la mesure où nous rejetons explicitement le système parlementaire, ne croyons pas en la possibilité de réformer convenablement le système de l’intérieur, et ne visons pas à être nous-mêmes élu·es. Nous nous définissons plutôt comme un mouvement citoyen aspirant à une reprise du pouvoir politique passant par la mobilisation et l’organisation collective.
Dans la mesure où nous exposons les obstacles à la pleine participation démocratique que représentent les inégalités matérielles et l’existence de classes sociales, et où nous dénonçons l’influence indue du capital sur les processus démocratiques, notre critique inclut des analyses compatibles avec certaines gauches, sans pour autant s’y réduire.
Nos valeurs et pratiques s’inspirent et sont compatibles avec les principes anarchistes d’autogestion, d’autonomie, de structures égalitaires et anti-autoritaires.
Nous ne revendiquons pas explicitement l’abolition de l’État et des institutions en tant que tels, mais plutôt dénonçons les injustices systémiques et entraves à la liberté engendrées par ceux-ci.
Nous sommes fièrement antifas, féministes et anti-racistes. Nous nous opposons au fascisme sous toutes ses formes et nos actions constituent une forme concrète (parmi d’autres) d’organisation citoyenne antifasciste, féministe et anti-raciste.
Nos valeurs et principes directeurs sont définis dans notre cadre des valeurs.